Mots ecrits

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La collecte nationale des documents privés et méconnus de la Grande Guerre a mis à jour des pièces exceptionnelles. Mots Écrits est le prolongement de cette Grande Collecte sous forme de lectures publiques mises en espace. Les amateurs de tous âges après avoir suivi deux jours d’ateliers de lecture à voix haute tissent les fils d’un monde commun, celui de la mémoire partagée. Tous les participants, lecteurs et spectateurs, peuvent s’exprimer après la présentation, lors d’un débat ou de rencontres plus informelles.

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Mots Écrits, une création de la compagnie La Minutieuse, a été labellisé par la Mission Centenaire 14-18. Association loi 1901, La Minutieuse réunit des comédiens, journalistes, enseignants, poètes, comptables, secrétaires animés par un même objectif : celui de partager l’intuition poétique pour en faire un outil de vie.

Pour Mots Écrits, Sophie Bourel - comédienne et membre fondateur  de La Minutieuse, conçoit   des   ateliers de lecture à voix haute pour amateurs, immédiatement suivis de mises en espace de lectures publiques présentées à la ville qui a choisi de s’exprimer de cette façon citoyenne et participative.

Le logo de Mots Écrits a été dessiné par Pef en Juillet 2014. 

1) Les textes

La Grande collecte lancée en 2013 par la BNF et par la Mission du Centenaire a permis d’exhumer de nombreux documents privés et officiels : correspondances, récits de chefs militaires, journaux intimes relatant la vie au front et celles des populations en zone occupée ou non, souvenirs écrits après la guerre, carnets de route de soldats et d’officiers, de marins - rapports, comptes rendus de conseils etc. 

2) Les lecteurs

La Minutieuse crée une suite logique à cette dynamique de collecte en invitant nos concitoyens (anonymes, élus, descendants de combattants, universitaires, enseignants, archivistes, lycéens, collégiens, passionnés, retraités et actifs etc.) à s'impliquer selon leurs envies et leurs capacités dans la création de Mots Écrits.

3) Le lieu

Chaque épisode de Mots Écrits aura donc son propre contenu grâce aux archives différentes, ses nouveaux lecteurs et aussi son décor. Un lieu emblématique soigneusement choisi en concertation avec les élus et les associations impliquées dans le projet (théâtre, musée, médiathèque, archives départementales, école,  librairie, salles de mairie, monument aux morts, cimetière militaire, un musée, gare ou bâtiment privé) devient l’espace d’une célébration collective.

Nos concitoyens ont fourni la matière première il y a cent ans,

ceux d'aujourd'hui vont donner corps à leurs paroles !

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PRÉSENTATION

Pour les communes et leurs représentants locaux, Mots Écrits est une formidable opportunité, originale et dynamique, de participer aux commémorations, d'être associés aux événements de la Mission Centenaire 14-18, et de célébrer localement l'Histoire de notre pays. Créateur de liens entre citoyens d’aujourd’hui grâce aux paroles des citoyens d’hier, Mots Écrits nous invite à nous emparer de notre Histoire : le projet est une passerelle entre l'événement historique et la vie actuelle, entre les écrits d’hier et les échanges d’aujourd’hui. Car les mises en espace feront l'objet de documentaires audio et/ou vidéo, et bénéficieront d'un relais national grâce à d'autres vecteurs de communication et de partage (réseaux sociaux et associatifs, médias, site internet : motsecrits.org...).

Mots Écrits recèle donc une dimension pédagogique, en invitant également les élèves et toutes les générations citoyennes à se mobiliser et à tisser des liens, en partageant cet apprentissage et cette expérience, véritable invitation à se dépasser lors de la lecture publique. Les enjeux ne sont pas seulement historiques, Mots Écrits contient une dimension démocratique : le projet est créateur de liens et vecteur de communication, non seulement pour les lecteurs mais aussi pour les spectateurs qui ne manqueront pas de venir "écouter et voir" toutes ces tranches de vies passées.

Enfin, Mots Écrits présente une dimension morale en encourageant l'intérêt pour l'autre car, comme le dit Pierre Rosanvallon, dans Le Parlement des invisibles : La parole et l'écoute sont, en eux-mêmes, producteurs de lien social. Nous ne pouvons plus nous limiter au simple souvenir national. Le besoin de reconnaissance et de partage est un besoin légitime.

C'est  un projet fédérateur et qui a du sens !

Il s'agit de renforcer la cohésion et de faciliter le dialogue social.

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PREMIER TEMPS : J-60

Rencontres préparatoires avec les personnes ressources* et personnes relais : archivistes, associations, enseignants, journalistes (la mobilisation des médias, dès ce stade, est indispensable à l'aboutissement du projet) et responsables d’associations susceptibles de « recruter » les amateurs- lecteurs. Réunions avec les élus afin de présenter le projet et d’évoquer les lieux possibles de la manifestation. Visite des différents lieux pouvant accueillir les répétitions.

DEUXIÈME TEMPS : J-30

Rencontre avec les archivistes et référents techniques pour décider ensemble des textes à retenir. Réflexion sur le corpus de textes. Mise en commun de tous les documents récoltés.

Rencontre avec les amateurs susceptibles de s'impliquer en tant que lecteurs.

Choix du lieu des répétitions et organisation pratique et logistique.

Choix du lieu de la représentation. Rencontre avec les techniciens du lieu de représentation.

Médiatisation de l’événement.

TROISIÈME TEMPS : J-15

Création d’un corpus de textes qui constituera la matière de la lecture. Transcription des archives du corpus afin de constituer la brochure qui servira aux lecteurs et pourra être distribuée aux spectateurs.

Constitution du groupe des lecteurs / et élaboration du planning des répetitions.

QUATRIÈME TEMPS : Mots Écrits

à J-2  : ateliers de lectures à voix haute.

à J-1  : ateliers pratiques à partir de la brochure,

à J-1  : filage des textes, dans le lieu retenu pour la commémoration,

Jour J : raccords et répétitions, séances individuelles si besoin,

Jour J : lecture générale en public.

CINQUIÈME TEMPS

Les médias ayant été mobilisés*, les amateurs encouragés à filmer, photographier et communiquer sur l'événement, Mots Écrits se prolonge par le récit contemporain qui en est fait, sur les réseaux sociaux, les sites, blogs etc. Ainsi se construit un véritable tour de France (voire d’Europe) de Mots Écrits qui fédère les villes traversées par cette parole exhumée collectivement. Ce tissage de voix est le signe majeur de l‘originalité de Mots Écrits.

* Une responsable de la communication, personne ressource indispensable, facilite le travail des journalistes.

NOTE D’INTENTION

L’une des originalités de la compagnie La Minutieuse est d’intervenir dans le champ éducatif et citoyen par des lectures à voix haute conçues comme de véritables expériences poétiques pour des non-spécialistes. En ce qui concerne Mots Écrits on trouvera ci-après quelques aspects fondamentaux du projet.

 

1. La question de la langue écrite

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Le travail avec les textes des poètes nous a appris que les lectures publiques ne doivent pas développer le jeu ou l’interprétation, mais plutôt une capacité à ingérer des mots pour évacuer un langage. Donc tracer une route dans l'effervescence et le chaos où chacun fait naître en soi un ordre soudain et éphémère. Entrer dans la langue c’est pratiquer la visualisation des mots, des idéogrammes mots, travailler le rythme, respirer un texte, pratiquer une danse poétique, libérer un souffle, marquer les silences, les blancs, goûter aux répétitions… tenter de ne rien faire et tout à la fois ! Provoquer en suivant un chemin qui va de la chose au mot et du mot à la chose. Donner vie au texte. Il s’agit de rester "dans l'en-dessous des mots", là où les choses ne sont pas figées, de démarrer de cet endroit inconfortable d'où naît la parole.

 

2. La question de la langue parlée

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La question de la langue est d’abord la question du corps. Le placement du corps, sa ligne d’énergie, la force tellurique des mots projetés, l’ouverture du visage, le placement de la voix, l’ouverture du mot afin que sa verticalité se révèle, la mise en situation d’écoute active.

Le corps — déshabillé de sa langue codée — redevient disponible à s’exprimer. En ce qui concerne Mots Écrits, un des nombreux aspects pédagogiques du projet viendra du soin porté à la langue française de cette époque (son phrasé, son rythme, ses expressions...).

 

3. La question d’une langue « européenne »

Ce centenaire a mis au grand jour des aspects méconnus de la Guerre de 14-18 : la grande souffrance des combattants, la fraternité entre ennemis déclarés, l’incompétence de l’état-major, les nombreux morts au combat jamais retrouvés, à jamais perdus pour le deuil.

La mise à jour d’écrits anonymes et privés et jusqu'alors ignorés du public, permet de faire tout à la fois un travail de mémoire personnelle et collective, de constituer un récit à plusieurs voix pour une histoire populaire de la Première guerre mondiale qui dépasse le cadre des frontières nationales. La pratique de lectures publiques de tels textes incarne et fait exister cette mémoire commune par une forme de langue européenne.

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Avec ce centenaire et Mots Écrits, jamais les archives n’ont été aussi vivantes.

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Paul K. Photo répétitions à Brest

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Paul K. Photo répétitions à Brest

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Pour lire l'article de Papalagui (Le Monde) cliquez ici

HISTORIQUE

Saison 2014-2015

11, 12, 13 Septembre 2014 à Magdebourg : création de 2 Mots Écrits.

Dans le cadre de la première Nuit de la culture de Magdebourg, à l’invitation d’Elaine Schmidt, responsable du département pédagogique du théâtre municipal et avec le soutien de Violaine Varin de l’Institut français de Saxe-Anhalt, ont eu lieu les deux premières représentations de Mots Écrits. Premier rendez-vous avec le public dans l’immense salle Kaiser-Otto du Musée d’histoire culturelle qui présentait une exposition, consacrée à la famille allemande dans la Première Guerre mondiale : « Education à la Guerre. Société, système scolaire et famille entre 1900 et 1918 ». Les dix lecteurs, de 17 à 78 ans, entouraient le public placé au centre. Karine Grünwald, commissaire de l’exposition, Elaine Schmidt et Sophie Bourel ayant sélectionné ensemble écrits, cartes postales, images, extraits de journaux intimes et lettres de front, listes, recettes, protocoles et souvenirs qui constituaient la matière des deux brochures.

La seconde représentation avait lieu dans la salle de répétition du théâtre. Ici, Mots Écrits a pris la forme de lectures avec ou sans pupitre, rythmées visuellement par des textes des manuscrits originaux projetés. Les manuscrits sont en écriture Sütterlin, une graphie dérivée du gothique, anguleuse, qui n’est plus en vigueur aujourd’hui et qui rajoute force et vérité aux textes dits sur scène. « Cette écriture vient de très loin comme si on était allé chercher les mots dans la terre, mélangés aux fils de fer barbelés. Sur le fond que j’ai voulu tendu d’un grand tissu blanc, les mots projetés semblent traverser les corps. On peut y voir des visages mutilés ou des peintures de guerre. » (Sophie Bourel)

 

16, 17, 18 Octobre 2014 à Marcq-en-Barœul

Dans le cadre de la première Nuit des bibliothèques, organisée par Lille Métropole et à l’initiative de Catherine Dhérent, la troisième représentation de Mots Écrits s’est tenue à la médiathèque de la  Corderie à Marcq-en-Barœul. Plus de 60 bibliothèques participèrent à cette Nuit. Les textes présentés ont été mis à disposition par les archives municipales de la ville et sélectionnés par Sophie Bourel, Tristan Wallet et François Thévenin, directeurs de la médiathèque. Ces textes nous parlaient avant tout de l’Occupation allemande. Pour cet événement, un groupe a été constitué au sein de La Corderie composé d’adultes du centre social, de collégiens du Lazaro… des lecteurs de 14 à 70 ans.

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13, 14, 15 novembre 2014 à Lille 

 Un groupe d’une quinzaine de personnes a été constitué, composé d’élèves du collège de Wazemmes, du lycée international de Montebello et du personnel des Archives départementales. La particularité de la représentation lilloise est qu’elle a eu lieu après deux jours de collectes de documents de particuliers aux Archives départementales. Le corpus final a été réalisé par Sophie Bourel, Marine Vasseur (attachée de conservation du Patrimoine) et son équipe.  

 

3, 4, 5 mars 2015 à Brest 

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La ville de Brest, le service patrimoine de la Marine Nationale et Service historique de la défense ainsi que l’Ecole Navale de Brest, ont organisé conjointement, dans le cadre des commémorations du Centenaire, un Mots Écrits qui avait pour objectif de proposer aux Brestois une soirée mettant en valeur la vie des femmes de Brest durant la grande guerre. Patricia Adam, députée du Finistère, Présidente de la commission de la défense nationale et des forces armées à l’Assemblée nationale, a soutenu le projet et a assisté à la représentation qui s’est tenue au Mac Orlan, quartier de Recouvrance à Brest. Le groupe des lecteurs était constitué d’élèves du Conservatoire et de l’École Navale, d’adultes actifs et retraités. Les textes ont été rassemblés par Sophie Bourel, Jean-Marie Kowalski et le service patrimoine de la ville.

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Saisons 2015-2016-2017

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17, 18, 19 et 20 septembre 2015 à Paris

Pour sa première édition parisienne et dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine , Mots Écrits est au musée Clemenceau. A partir des archives du musée, avec un groupe de lecteurs amateurs de tous âges, Sophie Bourel « fabrique » une mise en espace dans l’appartement où Georges Clémenceau a vécu durant 35 ans. (Devenu musée, ce lieu est resté tel qu’il était le jour de la mort du « Tigre »).

Au premier étage, une galerie documentaire expose de nombreux objets retraçant la vie et l’œuvre de Georges Clemenceau : portraits, photos, livres, journaux et manuscrits, mais aussi le célèbre manteau et les guêtres qu’il portait lors de ses visites au Front pendant la première guerre mondiale. Quatre modules de quinze minutes sont présentés au public sur les deux étages du Musée. (Appartement et galerie). 

Juillet 2016  et Novembre 2017 dans le Finistère

Brest : phase de préparation pendant les Tonnerres de Brest (13-19 juillet 2016). En effet,  le travail  entrepris  en 2014-2015 sera  renouvelé  en  2016-2017 autour du thème de l’arrivée des Américains en France. Brest, qui fut à la fois le principal port de débarquement et de rembarquement des troupes américaines, mais aussi le quartier-général des forces navales des Etats-Unis en France, est en effet sans doute la ville la plus emblématique de l’engagement américain dans le conflit. Ce projet, mené par l’université de Paris IV Sorbonne et l’Ecole navale avec le concours de la  Préfecture  Maritime  de  l’Atlantique, la  ville  de  Brest, l’ambassade  des  Etats-Unis  à  Paris et La Minutieuse, permettra  d’éclairer  d’un  jour  nouveau l’entrée  en  guerre  des  Américains  grâce  aux données  des archives conservées outre-Atlantique, peu ou pas explorées en France.

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